On en rêvait depuis longtemps, trop longtemps...
mais le miracle a eu lieu:
notre chère Ingrid est enfin libre!
Hier soir, lorsque la nouvelle est tombée, quelques lignes en plein Ushuaïa sur TF1, j'ai eu du mal à y croire. L'espoir est une chose délicate et nous préférons
toujours prévoir le pire plutôt que de prendre le risque d'être déçu, une fois encore... je me suis donc branchée sur une chaîne de news en direct pour en avoir le coeur net et là, face aux
nouvelles qui tombaient peu à peu mais surtout grâce à la confirmation par l'Elysée, j'ai enfin pu réaliser et me laisser envahir par la joie et le soulagement. Intense. Comme ceux
ressentis par ses proches, ses enfants en particulier qu'il a été si touchant de voir si fébriles, si pressés de rejoindre leur mère quand le protocole et la reconnaissance les faisaient
remercier encore et encore et notre président et nous autres qui les soutenont depuis tant d'années déjà...
Aujourd'hui, il serait indécent de penser que le cauchemar est enfin terminé, il reste encore tant d'otages aux mains des Farcs. Mais leur mouvement tend à se disloquer peu à peu, grâce notamment
à la politique d'Uribe, le président colombien qui était déjà si populaire dans son pays à cause de sa volonté et de son intransigeance face à ses ennemis. En effet, à force de les repousser dans
la jungle et de leur couper tous moyens de communication, en isolant les groupes de guerilleros les uns des autres, l'armée colombienne est parvenue à s'infiltrer puis à récupérer une quinzaine
d'otages, dont Ingrid Bétancourt, hier vers 21heures, heure française. Ce fut une opération parfaite, pour reprendre les mots d'Ingrid, qui n'a pas compris ce qui lui arrivait avant de se
retrouver à bord de l'hélicoptère et que d'en bas, elle puisse voir son tortionnaire agenouillé et les yeux bandés. Sa compassion alors ressentie pour cet homme est tout à son honneur. Les hommes
qui étaient venus les chercher a pu annoncer aux otages groggys qu'ils étaient libres, enfin, et ce fut alors la liesse dans cet hélicoptère qui fuyait la forêt colombienne, cette jungle qui fut
leur prison mais qui fut aussi le tombeau de dizaines d'autres.
Ce matin, je suis reconnaissante à cette femme qui a survécu tant d'années, portée par sa foi, par nos voix qui à travers les forêts les plus denses lui est parvenue grâce à la radio. Elle a su
combien la mobilisation autour d'elle était forte, combien ses enfants grandissaient loin d'elle mais si près de son coeur et sa volonté a fait le reste. Je suis émerveillée par tant de courage
et d'abnégation, par cette force si particulière si intime aux êtres humains. Il arrive parfois des choses extraordinaires à des gens ordinaires. Ingrid n'a jamais été quelqu'un d'ordinaire mais
ce qu'elle a fait est tout à fait extraordinaire. Il ne fait pas de doute en l'entendant à son arrivée qu'elle se battra de toutes les forces qui lui reste pour que sa lutte silencieuse ne soit
pas vaine et que les autres otages soit libérés. Nous la soutiendrons.
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