Dimanche 30 décembre 2007
"Depuis le 24 octobre, Jean s'efforce de faire son deuil. Un deuil aussi étrange qu'interminable. Sadia Sheikh, 20 ans, était sa petite amie depuis un an et demi. Son frère Mudusar, 24 ans, l'a assassinée à bout portant."
"Jean et Sadia vivaient un amour sincère. Ils s'étaient rencontrés via une amie commune. « C'était un sacré caractère. Elle avait le sourire le plus radieux et le plus charmeur qu'il m'ait été donné de voir. » Elle étudiait le droit, rêvait d'être avocate. Il trouvait à ses côtés la force et la stabilité. « Avant elle, je me cherchais. Avec elle, j'ai pu me poser les questions essentielles : ce que je vaux, ce que je suis, ce que je veux », raconte-t-il, des trémolos dans la voix."
"Elle lui parle de sa culture pakistanaise, de l'islam, de son histoire passée. Ils rêvaient d'une lune de miel en Suisse, d'une famille, d'un foyer. « Elle était musulmane pratiquante, mais elle savait être critique par rapport à sa religion. On échangeait beaucoup au sujet du Coran. Au fil du temps, j'étais prêt à la suivre, à me convertir. J'y pense toujours, mais je me vois mal aujourd'hui aller seul prier dans une mosquée de Charleroi. » Et Jean d'ajouter, formel : « Ce meurtre, ça n'a rien à voir avec l'islam. Il faut le dire haut et fort. Arrêter les amalgames. C'est culturel, l'exploitation d'une certaine tradition. Cela aurait très bien pu se produire chez des Siciliens. »"
"La défense plaide le « drame familial ». Mais les faits sont là, sans indulgence : Sadia ne voulait pas d'un mariage arrangé au Pakistan, qui n'était pas le sien ; elle aimait Jean, et seulement lui ; elle avait dit « non » à ses parents, non à la tradition patriarcale et rigoriste."
Article complet ici: lesoir.be.
Derniers Com's